Nous avons parlé précédemment de 7 étapes concrètes pour apprendre à s’écouter et poser ses limites, envers soi-même comme dans sa vie personnelle et professionnelle.
Et si l’automne était justement l’occasion de mettre ces principes en pratique ?
Nous vivons au fil des saisons, et notre énergie, notre humeur et nos besoins peuvent eux aussi évoluer. Les vacances sont déjà derrière nous. Malgré la météo encore douce de ces derniers jours, l’hiver approche, avec ses journées plus courtes, ses soirées qui s’assombrissent plus tôt et, pour certains, la crainte de voir revenir la fatigue ou la déprime saisonnière.
Alors, plutôt que de lutter contre ce changement de rythme, et si nous profitions de l’automne pour ralentir, nous écouter et retrouver notre propre tempo, plus sereinement ?
Le quotidien file. Vous portez tout à bout de bras, la rentrée a repris à toute vitesse, septembre est déjà passé et octobre pointe le bout de son nez. Rien de dramatique en apparence. Vous avancez, vous faites ce qu’il y a à faire, presque machinalement.
Mais dès que vous avez enfin un moment pour vous, plus rien. Pas d’envie particulière. Pas d’élan. Juste une grande fatigue, parfois difficile à expliquer, qui revient sans cesse, sans jamais réellement apprécier ces moments de repos.
Et si ce « je n’ai envie de rien » n’était pas simplement un manque de motivation ?
Et si votre corps, vos émotions ou votre énergie essayaient de vous dire quelque chose bien plus tôt ? C’est peut-être justement le moment de se demander non pas comment tenir, mais comment faire autrement.
Comment apprendre à s’écouter cet automne ? Comment ralentir sans tout arrêter ? Comment retrouver son rythme, sans pour autant abandonner sa vie quotidienne ?
C’est ce que nous allons explorer ensemble.
« Je n’ai envie de rien » : quand l’élan semble avoir disparu

« Je n’ai envie de rien. »
Cette phrase peut recouvrir des réalités très différentes.
Parfois, le message est assez simple : vous êtes fatigué. Une semaine trop chargée, quelques nuits trop courtes, une période intense au travail ou à la maison… À force de solliciter votre énergie, votre corps finit par demander une pause. Quelques jours de repos, un peu moins de pression, et l’envie revient progressivement.
Mais parfois, le repos ne suffit pas.
Vous dormez, mais vous vous réveillez encore fatigué. Vous avez enfin du temps pour vous, mais vous ne savez plus quoi en faire.
Alors une question apparaît : « Qu’est-ce qui m’arrive ? »
Il n’est pourtant pas toujours nécessaire de trouver immédiatement une explication. Avant de chercher une solution, il peut être intéressant de revenir à ce qui se passe, ici et maintenant.
En Gestalt-thérapie, cette observation peut commencer par des questions très simples : Comment est-ce que je me sens ? Où est-ce que je ressens cette tension ou cette fatigue ? Qu’est-ce qui me pèse en ce moment ? De quoi ai-je besoin ? Qu’est-ce que je continue à faire alors qu’une partie de moi aurait besoin de s’arrêter ?
Les réponses peuvent parfois se trouver dans des sensations très concrètes : des épaules constamment contractées, une respiration courte, une impression d’être toujours dans l’urgence… Ou, à l’inverse, cette sensation de brouillard intérieur qui rend même les choses simples plus difficiles.
L’usure ne se manifeste donc pas uniquement par le besoin de dormir. Elle peut aussi se traduire par une attention moins disponible, un moral plus fragile, une irritabilité inhabituelle ou une difficulté à faire face aux activités du quotidien.
C’est aussi là que l’on peut commencer à faire la différence entre une fatigue passagère et une fatigue qui s’installe. L’objectif n’est pas de fonctionner à 100 % en permanence, mais plutôt de repérer les premiers signaux et d’ajuster avant d’arriver au point de rupture.
Cela peut passer par de petites « soupapes » au quotidien : une activité qui fait réellement du bien, un moment sans sollicitation, une promenade, quelques minutes de respiration, une soirée allégée, ou simplement le droit de ne rien faire sans culpabiliser.
Ces petits ajustements ne remplacent évidemment pas un accompagnement lorsque la fatigue devient persistante ou inhabituelle. Dans ce cas, il est important de ne pas la banaliser et d’en rechercher la cause auprès d’un professionnel de santé si nécessaire.
Vous pouvez prendre le temps de découvrir mon approche et mon accompagnement, si cela résonne en vous, juste ici
Fatigue émotionnelle : quand ce n’est plus seulement le corps qui est fatigué

Il y a une autre forme de fatigue, plus difficile à identifier parce qu’elle ne se mesure pas seulement au nombre d’heures de sommeil : la fatigue émotionnelle.
Vous pouvez avoir dormi huit heures et vous réveiller malgré tout avec la sensation d’avoir déjà la tête pleine. Les tâches de la journée défilent avant même d’avoir commencé. Une conversation pourtant banale vous demande plus d’énergie que d’habitude. Vous êtes plus irritable, moins patient, ou vous ressentez le besoin de vous mettre à distance de tout.
Parfois, ce qui surprend le plus est justement de ne plus ressentir grand-chose.
J'ai beaucoup entendu ces phrases en séance :
« Je devrais être content, pourtant je ne ressens rien. »
« Tout va plutôt bien, alors pourquoi ai-je l’impression d’être à côté de ma vie ? »
En thérapie, présente et à l'écoute de mes clients : je les soutiens et leur demande en douceur :
Plutôt que de chercher immédiatement ce qui ne va pas, il peut être intéressant de regarder ce qui s’est accumulé :
Depuis combien de temps tenez-vous sans vraiment vous arrêter ?
Combien de fois avez-vous dit oui alors que vous auriez préféré dire non ?
Combien de fois avez-vous repoussé vos besoins parce qu’il y avait toujours « plus important » à gérer ?
Certaines situations consomment aussi beaucoup plus d’énergie que d’autres : devoir constamment s’adapter, prendre sur soi, gérer les attentes des autres, rester disponible, contenir une émotion ou faire comme si tout allait bien.
À force, les journées peuvent finir par sembler « trop pleines », même lorsque votre agenda ne l’est pas particulièrement. Ce n’est pas nécessairement la quantité de choses à faire qui épuise, mais tout ce que vous mobilisez intérieurement pour les traverser.
La santé mentale est influencée par de nombreux facteurs, notamment le stress, les conditions de travail, les relations et les conditions de vie. Une fatigue importante, une irritabilité inhabituelle, des difficultés de concentration, des troubles du sommeil ou une baisse du moral peuvent être des signes qu’il est temps de prêter davantage attention à ce qui se passe.
S’écouter ne signifie pas pour autant scruter chaque sensation ou chercher une explication à tout.
Il s’agit plutôt de retrouver une forme de curiosité envers soi.
« Tiens. Aujourd’hui, je suis vraiment à bout. »
Et au lieu de répondre automatiquement : « Ce n’est rien, allez, avance. » ou de se juger "Non, je ne dois pas penser ainsi."
Peut-être peut-on simplement s’arrêter quelques secondes et se demander :
Qu’est-ce qui me demande autant d’énergie en ce moment ?
Cette question ne règle pas tout. Mais elle ouvre un espace pour reconnaître ce que l’on ressent, avant de continuer à avancer machinalement.
Comment apprendre à s’écouter cet automne ?

L’automne invite naturellement à ralentir.Les arbres ne négocient pas avec leurs feuilles. Ils ne se disent pas : « Allez, encore un petit effort, on verra en décembre.»
Ils changent de rythme.
Nous, évidemment, avons des factures, des enfants, un travail, des rendez-vous et une liste de choses à faire qui semble parfois pousser toute seule. Il ne s’agit donc pas de tout arrêter. Mais peut-être de commencer par quelque chose de beaucoup plus simple.
Vous demander, chaque matin ou chaque soir :
« De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »
Pas : « Qu’est-ce que je dois absolument accomplir ? »
Pas : « Qu’attend-on de moi ? »
Mais : « De quoi ai-je besoin ? »
La réponse peut surprendre : Besoin de silence, besoin de bouger, besoin de voir quelqu’un, besoin d’être seul, besoin de dire non, besoin de terminer plus tôt, besoin de pleurer, besoin de ne rien faire pendant vingt minutes.
Il n’y a pas forcément une grande transformation à rechercher. Parfois, s’écouter commence par fermer l’ordinateur à 18 h 15 au lieu de 19 h 30, ou par accepter que le dîner soit très simple, ou par ne pas remplir chaque espace libre de votre agenda.
C’est petit. Mais c’est concret, ça se travaille. Et c’est souvent comme cela que l’on recommence à sentir ce qui se passe en soi.
Ralentir sans culpabiliser : prendre son rythme
Ralentir ne veut pas forcément dire tout faire lentement, ou abandonner des tâches importante pour vous dans le bon fonctionnement de votre quotidien.
Cela peut simplement vouloir dire arrêter de vivre constamment en avance sur soi.
Vous êtes sous la douche et vous pensez déjà à votre première réunion, vous déjeunez en répondant à trois messages, vous regardez un film en pensant au lendemain., vous êtes avec vos proches, mais une partie de votre esprit est déjà ailleurs.
Le corps est là. La tête, elle, court devant.
Prendre son rythme, c’est peut-être réapprendre à être là où l’on est.
Et surtout, accepter que votre rythme ne soit pas identique à celui de votre collègue, de votre conjoint, de votre voisin ou de la personne que vous suivez sur Instagram. Vous n’avez pas à fonctionner à la vitesse des autres.
Un exercice simple peut être de faire trois pauses dans votre journée. Une chose après l’autre avec son corps.
ressentir vos fourmillements, votre température, si quelque part quelque chose se noue en vous, peut être au contraire ovus ressentez de la légereté et des pétillements de joie. Prenez un instant, pour revenir à vous, rester en connexion avec ce qui se passe en vous, vous comptez.
Une minute. Juste une. Vous vous arrêtez. Vous respirez. Vous remarquez votre corps.
« Comment je suis, là, maintenant ? »
Fatigué ? Tendu ? En colère ? Tranquille ? Pressé ? Vide ? Disponible ?
Il n’y a rien à corriger. Juste à relever.
C’est une manière très simple de remettre un peu de présence dans une journée qui file parfois beaucoup trop vite.
Une étape après l’autre pour concilier son état avec son quotidien

Quand on est fatigué, on peut vite avoir l’impression qu’il faudrait tout changer pour aller mieux : changer de travail, partir en vacances, se remettre au sport, mieux manger, dormir davantage, méditer, voir ses amis, ranger la maison…
Et, bien sûr, réussir à faire tout cela sans se mettre davantage de pression.
Essayons autrement.
Il ne s’agit pas de transformer toute sa vie en quelques jours, mais de retrouver progressivement un peu d’espace et de souplesse dans son quotidien.
Étape 1 : constater
« En ce moment, je me sens… »
Commencer par mettre un/des mots sur son état, sans jugement et sans chercher immédiatement à l’expliquer.
Il n’y a pas besoin de trouver la bonne réponse. Simplement reconnaître ce qui est là aujourd’hui.
Étape 2 : regarder ce qui prend de l’énergie
"Quelles personnes, quelles situations ou quelles obligations vous demandent le plus d’énergie ?"
Et surtout : "lesquelles sont réellement indispensables ?"
Cette étape permet parfois de constater que certaines choses peuvent attendre, être simplifiées ou même être refusées.
Étape 3 : retrouver une petite marge
Pas besoin de révolutionner votre agenda.
Une tâche reportée, une soirée libérée, une limite posée, une demande d’aide ou simplement quelques minutes sans sollicitation peuvent déjà créer un peu d’espace.
L’idée n’est pas d’en faire moins pour tout abandonner, mais de retrouver suffisamment de marge pour ne plus avancer en permanence à flux tendu.
Étape 4 : écouter ses besoins
Derrière l’irritabilité peut se cacher un besoin de repos. Derrière le sentiment d’être enfermé, un besoin de liberté. Derrière l’impression de n’avoir envie de rien, peut-être une saturation ou simplement le besoin de ne plus être sollicité pendant un moment.
Il ne s’agit pas de trouver une interprétation parfaite à chaque émotion Simplement de commencer à entendre ce qu’elle peut venir signaler.
Étape 5 : retrouver progressivement l’élan
L’objectif n’est pas de retrouver immédiatement toute son énergie, et repartir de plus belle.
L’élan revient souvent par petites touches.
Une promenade. Un café avec quelqu’un que vous aimez. Un projet qui vous ressemble. Une heure sans écran. Une conversation sincère. Un moment où vous faites quelque chose uniquement parce que cela vous fait du bien.
Ces instants peuvent sembler anodins. Pourtant, lorsqu’on leur accorde réellement de l’attention, ils permettent de retrouver peu à peu le contact avec ce qui nous ressource et avec ce qui nous ressemble.
Pas besoin de courir après l’envie. On peut simplement lui laisser de la place.
Et si apprendre à s’écouter commençait par une relation ?

Bien sûr, nous le savons : apprendre à s’écouter seul n’est pas toujours facile.
Nous avons souvent appris à avancer en nous adaptant : faire plaisir, être raisonnable, être performant, ne pas déranger, ne pas trop demander, tenir bon en se disant que, bientôt, ça ira mieux.
À force, il peut devenir difficile de savoir ce qui vient réellement de nous, ce dont nous avons besoin et ce que nous continuons à faire simplement parce que nous avons appris à fonctionner ainsi.
La Gestalt-thérapie propose justement de porter attention à ce qui se passe dans l’instant présent : les sensations corporelles, les émotions, les besoins, mais aussi notre manière d’entrer en relation avec les autres et les situations qui se répètent.
Dans mon accompagnement, à Niévroz, je vous accueille dans un espace d’écoute et d’échange. La première séance permet notamment de prendre le temps d’explorer votre demande, vos attentes et ma manière de travailler.
Il n’est pas nécessaire d’arriver avec une explication toute faite. Vous pouvez simplement venir déposer ce qui vous semble lourd :
« Je suis épuisé. »
« Je n’ai envie de rien. »
« Je ne sais plus ce que je veux. »
« J’ai l’impression de fonctionner en pilote automatique. »
« Je voudrais ralentir, mais je ne sais pas comment. »
C’est déjà suffisant pour commencer.
Puis, petit à petit, nous pouvons regarder ensemble ce qui se passe, ce qui se rejoue et ce qui, peut-être, demande à être entendu ou ajusté.
Parce qu’une thérapie n’a pas pour objectif de vous apprendre à mieux supporter l’insupportable.
Ralentir ne signifie pas renoncer à sa vie. Prendre son rythme ne signifie pas devenir passif, ni se couper du monde pour ne plus rien ressentir.
Et dire « je n’ai envie de rien » ne signifie pas non plus que quelque chose va mal pour toujours.
Alors, cet automne, peut-être pouvez-vous essayer quelque chose de très simple :
demandez-vous : « Comment vais-je aujourd’hui ? »
Une question après l’autre. Un pas après l’autre. Sans avoir toutes les réponses, ni toutes les clés dès maintenant.
Parce que prendre soin de soi commence ici,
Si vous sentez que vous avez besoin d’un espace pour souffler, comprendre ce que vous vivez et retrouver progressivement un fonctionnement qui vous correspond davantage, je vous accueille dans mon cabinet de Gestalt-thérapie à Niévroz, ainsi qu’en ligne.
Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être complètement épuisé pour demander de l’aide. Parfois, ralentir commence simplement par reconnaître :
« Là, j’ai besoin de moi. » Et c’est déjà un premier pas.

Alexandra Lainé – Gestalt praticienne à Niévroz